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[INFO] emule : razorback saisi

Posté : 22 févr. 2006 20:05
par Naveed
Coup de filet sur un serveur peer-to-peer à l'ancienne
Les autorités belges et suisses ont saisi hier, mardi 22 février, le célèbre serveur Razorback2 du réseau eDonkey/eMule.

Il s'agissait sans doute du plus célèbre couple de serveurs sur le réseau d'échange de fichiers eDonkey/eMule. Les deux Razorback2 (2.0 et 2.1) ont été déconnectés et saisis, hier, par les autorités fédérales belges, à Zaventem, près de Bruxelles. En Suisse, leurs homologues ont, de leur côté, emmené et entendu un des responsables de l'association Razorback2 et fouillé son domicile.

Ce coup de filet, dans le cadre d'une enquête dont on ignore encore l'origine, n'aura en tout cas pas mis longtemps à être applaudi par la Motion Picture Association of America, qui représente les grands studios de cinéma américain, les majors .

Selon elle, dans un communiqué, cette attaque contre Razorback2 est une « victoire majeure » dans la lutte contre « les fichiers illégaux qui circulent sur Internet via les réseaux peer-to-peer ». L'organisme va même jusqu'à évoquer la fin d'une « menace pour la société », considérant que Razorback2 donnait aussi accès à des fichiers dangereux (pédophilie, fabrication de bombes...).

La MPAA rappelle que, depuis novembre 2004, les « autorités ont fermé les principaux serveurs eDonkey aux Etats-Unis et en Europe ». La société MetaMachine, qui éditait le logiciel eDonkey, a d'ailleurs jeté l'éponge en septembre dernier .

Pour les adeptes du peer-to-peer, la fin de Razorback2 est surtout un coup médiatique, plus qu'un coup de poignard. « Sa fermeture ne changera absolument rien, comme les précédentes actions. L'impact sur le peer-to-peer sera nul », estime Guillaume Champeau, responsable du site Ratiatum.

« Un mythe, donc une cible privilégiée »

Pourquoi ? Il explique que « Razorback ne servait que d'intermédiaire technique, et que ce rôle d'intermédiaire a été rendu totalement caduque par l'ajout sur tous les clients eDonkey et eMule d'une surcouche entièrement décentralisée et autonome », appelée Kadmelia, ou Kad. Plus besoin alors pour le nouvel eMule de serveur centralisé.

Razorback, dans son rôle de super index indiquant où trouver des fichiers, apparaissait surtout comme un vestige d'une époque révolue. « Razorback est un mythe (...) c'était donc une cible privilégiée », résume un internaute sur le forum du site eMule inside. Voire une des dernières cibles possibles.

En effet, si du côté de la SPPF (Société civile de producteurs de phonogrammes), on reconnaît que cette fermeture est « une bonne nouvelle en soi », on admet vite que les réseaux de peer-to-peer nouvelle génération - comme Mute ou AntsP2P - représenteront des cibles bien plus ardues à atteindre. S'attaquer à des architectures sans tête, qui recourent au cryptage et à des sites miroirs, sera une autre affaire.

Pour Guillaume Champeau, cette fermeture a même touché au final, pour lui, un des rares serveurs à permettre la distribution du contenu légal : freewares, sharewares, de la musique libre ( Jamendo par exemple ) ou encore des livres scannés libres de droit. Razorback servait même au projet de recherche sur le génome humain Folding@home.

Mais les serveurs de l'association servaient aussi de porte d'entrée aux échanges de fichiers sous copyright qui constituent encore aujourd'hui le coeur de l'activité d'eMule. Un mélange des rôles qui a visiblement déplu aux autorités belges et suisses.
Les sites spécialisés rassurent

La fermeture de Razorback a forcément ému la communauté eDonkey/eMule. La plupart des sites spécialisés se sont empressés de « rassurer » les fans de ce réseau sur les conséquences possibles de la saisie des serveurs. En théorie, les autorités auraient pu s'en servir pour retrouver les internautes adeptes des échanges illégaux de fichiers.

« Toutes les données nécessaires au bon fonctionnement de Razorback étaient stockées en mémoire vive, et ont donc été perdues lors de la saisie. C'est ce que nous assure une source proche de Razorback », indique Ratiatum.

De son côté, Open-files invite les internautes à se méfier : « De faux serveurs Razorback (certains étaient déjà présents) font surface, y compris un faux Razorback 2.0. On se doute déjà qu'ils sont là pour pister les internautes. »

L'avant-projet de loi français sur les droits d'auteur prévoit actuellement une amende de 38 euros en cas de téléchargement illégal.

Posté : 22 févr. 2006 20:26
par real34
Comme dit dans le message, a priori impossible d'après les responsables de Razorback de retrouver les téléchargeurs ...

Cependant, c'est encore un évenement important dans la lutte contre le P2P car c'était vraiment sur Razorback2 qu'on trouvait le plus de choses ... il devient de plus en plus dur de trouver ce que l'on cherche sur d'autres serveurs ...

Enfin bon ... de toute façon, télécharger et pirater des logiciels comme de la musique ce n'est pas bien ! ;) :lol:

Posté : 22 févr. 2006 20:35
par Naveed
Une exploitation des données compromise :

Qu'est ce que la police belge va faire avec ces serveurs ? Le but de cette saisie et d'effectuer « une exploitation pointue des données reprises sur les serveurs » (selon les services de police belges). Très certainement afin d'inculper les plus gros téléchargeurs de fichiers illégaux. Avec une capacité de 1.3 millions de connectés simultanés, il y aurait de quoi se mettre sous la dent !

Le soucis, c'est qu'aucune donnée concernant les utilisateurs, leurs fichiers partagés ou autre n'est conservée sur le disque dur. Tout est chargé en mémoire vive (voilà pourquoi chaque serveur Razorback est doté de 16 Go de RAM). Et l'un des principes de base de ce type de mémoire, c'est que dès que l'on coupe l'alimentation électrique, tout ce qu'elle contient est perdu. Et il a bien fallu que les autorités déplacent les serveurs !

Les effets de cette fermeture:

La première chose qui a inquiété la communauté, c'est les logs. En effet, juste après la saisie, peu de personnes savaient si oui ou non il y avait des informations « compromettantes » sur les disques durs. La seconde inquiétude concerne l'état du réseau ed2k. En effet, les serveurs Razorback représentent 33% des capacités de ce réseau ! Leurs disparition brutale a créé une charge supplémentaire instantanée pour le reste du réseau.

Et bien il a tenu et tient toujours ! Même si plusieurs serveurs « DonkeyServers » ont étés indisponibles peu de temps après la saisie, ils sont rapidement revenus sur les rails. Et puis, il y a le réseau Kademlia. Ce réseau, complémentaire à eDonkey, est géré par la plupart des client ed2k actuel. Ainsi, la charge devient moins lourde.

« Toutes les données nécessaires au bon fonctionnement de Razorback étaient stockées en mémoire vive, et ont donc été perdues lors de la saisie. C'est ce que nous assure une source proche de Razorback », indique Ratiatum.

De son côté, Open-files invite les internautes à se méfier : « De faux serveurs Razorback (certains étaient déjà présents) font surface, y compris un faux Razorback 2.0. On se doute déjà qu'ils sont là pour pister les internautes. »